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LA
CONTRACTION MUSCULAIRE
Le rôle principal de l'appareil musculaire est de produire un travail
mécanique permettant à l'individu d'évoluer dans son environnement. Ses
capacités (puissance, énergie disponible) sont limitées mais elles
peuvent être sensiblement augmentées. Dans
l'antiquité, les
Grecs avaient déjà observé
que l'action de lever des poids pouvait rendre plus fort tout en
développant la musculature. C'est le principe de l'entraînement,
qui repose sur les facultés d'adaptation et d'apprentissage de
l'organisme en réponse à une stimulation. Le
développement de l'ouïe lorsque le sens
de la vue disparaît, l'accumulation des réserves adipeuses suite à un
régime trop restrictif dans le but de palier à une éventuelle famine
future, la mémoire immunitaire (système du vaccin) constituent quelques
exemples. Dans le cas de l'entraînement sportif, l'application
d'un stress
va provoquer une cascade de réactions
dans
l'organisme (seulement partiellement comprises à ce jour) ayant pour
principale conséquence une adaptation du corps, notamment par le
développement des
muscles sollicités. Ceci fera l'objet d'un prochain article.
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Haltère
appartenant au champion olympique de Pentathlon, Akmatida de Sparte.
Son poids est de 4,629 kg.
(Musée
archéologique d'Olympie) |
Un muscle strié
squelettique (dont la contraction est liée à la volonté, par opposition
aux muscles lisses associés à des mouvements involontaires au niveau
des glandes et des tissus, et aux muscles striés non squelettiques
(muscle cardiaque)) est composé de fibres musculaires, elles-mêmes
formées de faisceaux de myofibrilles. Les myofibrilles sont de longs
cylindres de 1
à 2 µm de diamètre constitués d'une succession de sarcomères délimités
par une membrane dite Z et représentant les unités contractiles. Chaque
sarcomère
est composé d'une alternance de filaments épais (filaments dits de
myosine) et de filaments plus fins (filaments d'actine), ces derniers
étant rattachés aux membranes Z. Le processus
de contraction consiste alors en un glissement de ces filaments les uns
par rapport aux autres. Leur longueur ne varie pas, mais le résultat de
ce glissement est le raccourcissement et l'augmentation du diamètre du
sarcomère.
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Structure
d'un muscle strié squelettique.
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Cette contraction nécessite
la présence d'ions Calcium Ca2+
libérés par les ondes de
dépolarisation dues à l'influx nerveux envoyé par le
cerveau (la présence massive des ions Ca2+
provoque des changements
d'organisation des protéines régulatrices des filaments d'actine ce qui
rend leurs sites de fixation accessibles au têtes globulaires des
filaments de myosine) et de molécules d'Adénosine Tri-Phosphate (ATP)
qui activent les têtes de myosine. L'ATP est la seule substance utilisable
par la machine contractile. Elle est présente en très petites quantités
(elle est consommée en 6 secondes environ). Une resynthèse rapide d'ATP
peut se faire à partir de l'Adénosine Di-Phosphate (ADP) et de la
créatine tri-phosphate (Pcr). Ces deux modes de fonctionnement
permettent de maintenir une puissance musculaire maximale pendant 10 à
15 secondes. Au delà, la synthèse de l'ATP s'effectue par oxydation des
lipides ou du glycogène. Si celle-ci est anaérobie (c'est la
respiration cellulaire anaérobie ou glycogénolyse, qui produit de l'ATP
2,5 fois plus vite que la voie aérobie), l'oxydation partielle du
glucose, outre un rendement plus faible (une molécule de glucose ne
permet de produire que 3 molécules d'ATP), conduit alors à la formation
d'acide lactique. Son accumulation au niveau du muscle va perturber le
bon déroulement des mécanismes du processus contractile. La
glycogénolyse permet de maintenir une contraction relativement soutenue
pendant environ 30 à 45 secondes supplémentaires. Si l'effort se
prolonge, la respiration cellulaire aérobie se met en route. Elle
utilise comme sources d'énergie le glucose et les acides gras. La
respiration cellulaire aérobie se déroule dans les mitochondries. Elle
nécessite la présence de dioxygène et fait intervenir une suite de
réactions complexes (cycle de Krebs, chaîne respiratoire de transport
d'électrons...). C'est la phosphorylation oxydative. Lors des
contractions lentes ou au repos, la plus grande partie de
l'approvisionnement en ATP est assurée par la respiration cellulaire
aérobie, qui utilise l'énergie fournie par la dégradation des acides
gras. Lorsque les muscles se contractent de façon plus soutenue, c'est
le glucose qui devient la principale source d'énergie. Globalement,
l'oxydation complète d'une molécule de glucose en CO2 et en H2O
fournit
36 à 38 molécules d'ATP (rendement énergétique élevé).
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Déroulement
de la contraction musculaire.
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L'espace laissé libre entre les myofibrilles est occupé par du
cytoplasme que l'on appelle ici le sarcoplasme. Il renferme des
organites
comme les mytochondries, des gouttelettes lipidiques, de la myoglobine
(pigment respiratoire)...
Il existe
essentiellement deux types de fibres musculaires et un type de fibres
que nous qualifierons d'intermédiaires :
- Les
fibres dites lentes ou de type I. Très riches en mitochondries, en
myoglobine (responsable de leur couleur rouge) et possédant de grandes
réserves lipidiques, elles sont également très vascularisées.
Elles sont organisées pour développer une puissance assez faible mais
elles montrent également une grande résistance à la fatigue. Elles
utilisent comme mode de fonctionnement le processus aérobie (mettant
en jeu la respiration) et libèrent leur énergie par oxydation des
réserves lipidiques par le dioxygène.
- Les
fibres dites rapides ou de type II. Elles renferment un grand nombre de
myofibrilles ce qui les rend très puissantes. Elles possèdent par
contre moins de mitochondries et moins de myoglobine que les fibres de
type I, ce qui fait qu'on les appelle également les fibres blanches.
Elles sont également moins vascularisées. Leurs réserves lipidiques
sont moindres mais elles possèdent des quantités
appréciables de glycogène. Elles sont ainsi organisées pour fonctionner
puissament mais de façon brève en puisant leur énergie dans une
séquence anaérobie (ne faisant pas intervenir la respiration) et
montreront rapidement des signes de fatigue et une accumulation d'acide
lactique.
- Des fibres dites intermédiaires qui
ont la possibilité de se spécialiser en fibres de type I ou en fibres
de type II.
Les fibres de type II sont les fibres ayant la plus
grande capacité de développement. Les sprinters et les
bodybuilders en
possèdent une grande quantité. A l'opposé, les coureurs de fond
possèdent plus de fibres de type I. La répartition entre les fibres est
imposée par la génétique dès la naissance. Malgré
l'existence de fibres intermédiaires, un champion de bodybuilding ne
fera jamais d'exploits en marathon et un marathonien ne sera jamais
capable de courir un 100 m aussi vite qu'un sprinter.
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